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Jeanne d'Arc est tombée de son cheval | 19 février 2007


 
 
Alors que François Bayrou monte, sans doute un peu artificiellement dans les sondages à la manière d'un Chevènement en 2002, Ségolène Royal continue sur la pente descendante.

De quoi craindre un nouveau 21 avril 2002 car le score de Jean-Marie Le Pen est, à n'en pas douter, sous-estimé et celui de Bayrou probablement sur-estimé.

Plus grave, au-delà des sondages, c'est l'impression que plus les Français connaissent Ségolène Royal, moins ils l'apprécient, découvrant semble-t-il un visage peu conforme à celui qu'on leur a vendu pendant un an.

Par ailleurs, comment ne pas s'inquiéter d'une campagne teintée d'un amateurisme, sans doute grossi par les médias. Mais le fait est que ce qui importe est ce qui semble plus que ce qui est réellement.

Car ce qui est réellement c'est qu'en proposant tout et son contraire, le programme du candidat de la droite est imprégné de démagogie et de populisme et que la sincérité de son chiffrage est franchement douteuse. Mais décidément, ce qui semble, c'est que Nicolas Sarkozy se sort mieux de cet exercice que la candidate du PS, pourtant plus cohérente et réaliste sur ce coup là.

Bref, le poison est injecté dans la campagne de Ségolène Royal et il est à craindre pour les sympathisants du PS qu'elle ne parvienne pas à redresser la barre. Quand bien même elle se sortirait bien de sa prestation de ce soir, sur TF1, la chaîne de l'impartialité, quand bien même elle trouverait enfin une organisation, communiquée jeudi, adéquate pour mener sa barque de candidate, elle inquiète et déçoit tant qu'il lui sera très difficile de retrouver une crédibilité.

Alors que faire ? Le constat communément admis est que beaucoup des nouveaux sympathisants du candidat centriste sont des sympathisants de Dominique Strauss Kahn. Est-ce à dire qu'une candidature de DSK ferait immédiatement perdre 5 points à Bayrou, le ramenant à un score de 7% d'intentions de vote ? Possible. Mais dans ce cas, faut-il y voir une aspiration de l'électorat français à une gauche moderne, social-démocrate ? Faut-il considérer que le discrédit de Ségolène Royal est aussi dû à ses concessions aux vieilles rengaines du PS, par rapport à l'image de modernité qu'elle incarnait pendant la campagne interne ? N'y a-t-il pas là la marque du mal qui ronge le PS depuis 2002 : l'absence de leadership ?

Dans les coulisses, l'hypothèse d'un changement de candidat est de plus en plus évoquée et le nom de Dominique Strauss Kahn circule.

Pour ma part, je n'ai aucun doute : si Dominique Strauss Kahn avait été candidat dès le début, les chances de l'emporter auraient été bien plus grandes, d'autant que cette élection devait être pour la gauche. Mais aujourd'hui ?

Publié par Archignac à 11:40:45 dans Au pays de Candy | Commentaires (7) |